Les chemins tordus de David Cabas, candidat aux élections législatives dans la 4eme circonscription du Morbihan sur la liste : « Solidarité & Progrès » dont le Président est Jacques Cheminade
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Jacques Cheminade
répond à la presse après avoir déposé le 8 mars ses parrainages pour la
présidentielle 2012.
DR
Il
se présente en gaulliste de gauche, mais camoufle un lobby politique américain
d'extrême droite. Fréquentations douteuses, paranoïa, complotisme... Ce candidat
est-il à sa place?
Le 14 mars, Jacques
Cheminade circule entre les étals d'un marché, cours de Vincennes, à Paris. Cet
énarque diplômé d'HEC distribue, euphorique, les poignées de main et les propos
démagogiques. Comme un très banal homme politique faisant campagne. Pourtant, le
parcours de Cheminade et sa personnalité sont bien plus mystérieux, voire
sulfureux, que l'image qu'il veut en offrir.
Cet Auvergnat, né à
Buenos Aires il y a soixante-dix printemps, dirige la branche française d'une
étrange organisation politique internationale basée aux Etats-Unis, celle du
gourou Lyndon LaRouche, 89 ans. Le premier contact entre les deux hommes a lieu
en 1974, à New York: "J'ai su que cette rencontre allait changer ma vie", écrit
Cheminade.
Qui est donc ce
LaRouche? Après avoir fondé un
groupuscule trotskiste, il dérive vers des milieux ultraconservateurs
antisionistes et même révisionnistes. Expert autoproclamé des prévisions
économiques, antibritannique primaire, il met en scène sa prétendue influence
internationale dans un style paranoïaque. En 1983, LaRouche affirme être à
l'origine du projet de Ronald Reagan d'initiative de défense stratégique. En
1986, le même soutient que l'Etat américain a envoyé 400 agents armés pour le
tuer, des véhicules blindés et des avions, et ce, écrit-il, afin de servir les
"intérêts oligarchiques financiers internationaux". L'homme, soupçonné de dérive
sectaire, est poursuivi pour escroquerie et fraude fiscale - le
non-remboursement des 30 millions de dollars prêtés par ses adeptes. Il a été
condamné à quinze ans de prison et en a effectué cinq. "Il considère cela comme
un honneur, écrit Jacques Cheminade. Il a en effet été emprisonné pour des
raisons politiques."
En
2000, il reçoit l'Argentin néofasciste Jorge
Olivera
Comme son guide,
Cheminade a des fréquentations bizarres. En 2000, il reçoit à Paris l'Argentin
néofasciste Jorge Olivera, un officier devenu avocat, soupçonné
d'être responsable de la disparition en 1976, à San Juan (Argentine), de la
jeune Française Marie-Anne Erize (1).
Cheminade donne deux
versions différentes de cette rencontre. Dans le même temps, il déclare à
Libération qu'il ne connaît
presque pas Olivera, envoyé par "un ami de Buenos Aires": "Je ne lui ai offert
qu'une aide modeste. Un soutien naturel, l'Argentine étant ma seconde patrie."
En 2009, il confie qu'Olivera lui "était recommandé par des amis américains qui
ne connaissaient pas son profil" (1). "J'ai vite compris qu'il s'agissait d'un
type peu recommandable, ajoute-t-il, et je l'ai envoyé se faire voir." Au bout
de... trois heures.
Le groupuscule de
Cheminade, Solidarité et Progrès, évoque en des termes
élogieux le colonel
argentin Mohamed Ali Seineldin, un officier d'extrême droite,
antisémite notoire, idéologue des amis d'Olivera... et proche de Lyndon
LaRouche. En 2008, Olivera est arrêté en Argentine, et son procès se déroule
actuellement, pour l'affaire Erize et d'autres dossiers
criminels.
Autre fréquentation
troublante: en 2008, Cheminade s'exprime à la tribune d'une université d'été
organisée par Alain Soral, alors membre du comité central du Front national et
compagnon de lutte antisioniste de Dieudonné. Avant de prendre ses
distances.
Jacques Cheminade
répète à l'envi qu'il n'est ni d'extrême droite ni antisémite
(2). Sur
son site, il affirme: "LaRouche et moi sommes les deux
militants politiques dont les idées ont été les plus diffamées et déformées."
Pour qui a-t-il appelé à voter en 2007? Ségolène Royal. Comme en 1995, ce
farouche pronucléaire se présente en gaulliste de gauche, amoureux de Jaurès,
avec un programme très rouge de combat contre la City et Wall Street. Mais un
parcours pour le moins obscur.
(1) La Disparue de
San Juan, Philippe Broussard, Stock.


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